Un peu d’orthographe

Petite chronique de vacances : doit-on mettre un s au pluriel de judoka et quel est le féminin de judoka ?

L'Académie Française est très claire concernant le pluriel des mots d'origine étrangère. Si le mot a été assimilé complètement par la langue française, on utilise la règle commune des pluriels français : un piano, des pianos et pas des piani. Mais si le mot conserve encore des connotations étrangères, alors soit on met un s au pluriel (règle préconisée par l'Académie), soit on utilise la forme plurielle de la langue d'origine : des rugbymans ou des rugbymen.

Et pour le judoka ? Comme le mot est invariable en japonais, on peut donc écrire des judoka ou des judokas. A vous de choisir.

Passons maintenant au féminin : une judokate ou une judoka ? Là, il faut se tourner vers le "Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions" paru en 1999. On y lit au chapitre 5 : Pour les mots empruntés à une langue étrangère […] la forme féminine est identique au masculin. Ex. : une clown, une gourou, une imprésario, une jockey, une judoka…

L'affaire semble donc réglée, le féminin de judoka est judoka. C'est écrit en toutes lettres…

Sauf que le guide indique que si l'usage d'une autre forme est attestée dans le langage courant, alors elle est également autorisée. Et dans la liste des formes attestées, je vous le donne en mille : judokate !

Donc en résumé, vous écrivez ce que vous voulez : des judoka ou des judokas, une judoka ou une judokate. Mais obligatoirement des judokates, là il n'y a pas le choix !