Les secrets du jiu-jitsu

Défendez-vous MesdamesA la fin du 19e siècle et au début du 20e, l'Europe découvre le Japon, ses mystères et ses arts. C'est Emile Gallé, le maître verrier de l'Art Nouveau qui crée l'Ecole de Nancy ; c'est également Toulouse-Lautrec qui se déguise en samouraï et qui fréquente le cabaret "Le divan japonais".

L'Europe découvre aussi les arts martiaux japonais et en particulier ce fameux jiu-jitsu qui fascine par son efficacité. Une technique qui intéresse tout autant les militaires pour le combat rapproché que les bourgeois qui viennent s'encanailler dans les quartiers chauds de Paris.

A cette époque, les chansonniers se mêlaient de tous les sujets d'actualité et la boxe japonaise fit l'objet de quelques succès au hit-parade : la chanson de Dranem "Le vrai jiu-jitsu" (la vidéo ci-dessous est une reconstitution)

et la chanson de Marcelle Norcy en 1907 "Les secrets du jiu-jitsu".

Si tu veux faire la lutte japonaise
Il faut commencer par te mettre à l'aise,
Tout nu, c'est le propre du jiu-jitsu.
Tu saisis d'abord le poignet de l'adversaire et serre son cou
Un bon coup. Attends ce n'est pas tout!

Tache de saisir entre tes deux orteils
Le poil qui pousse au creux de ses oreilles
Et puis serre-lui le kiki.
D'une dent savante subtile autant qu'agile,
Choppes-y le pied, mords-lui le tendon d'Achille,
De l'autre dent, en même temps,
Bouffes-y la pomme d'Adam!

Un coup épatant, mais il faut de l'adresse
Tâche de lui prendre le nez entre tes fesses,
Ou bien trouve moyen de piquer le sien.
Au milieu du trou béant de son nombril,
Tandis qu
e d'un coup de pied tu lui fauches les cils,
Alors sans effort tu tomberas les plus forts!

Après cela tu le prends et tu le couches,
Tu lui introduis les pieds dans la bouche,
Et, pouf! s'il te les bouffe, ça l'étouffe.
Enfin, coupe lui ses dernières ressources,
En lui serrant les cordons de la bourse,
Et tu t'assieds dessus en criant: Jiu Jitsu!